Menacés par la déforestation

Les lémuriens : menacés par la déforestation

Les lémuriens sont aussi des animaux menacés, notamment par la destruction de leur habitat.

Une biodiversité unique

Madagascar est une île de l’océan Indien plus grande que la France et éloignée des côtes africaines. Sa faune et sa flore sont très particulières.
Beaucoup d’espèces sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs. L’île était autrefois entièrement recouverte de forêts de types variés, humides à l’Est et sèches à l’Ouest.
Les lémuriens, venus d’Afrique grâce aux courants marins, y ont trouvé un environnement idéal pour des mammifères arboricoles
Ils ont proliféré en l’absence de concurrents et surtout de prédateurs. Madagascar ne compte pas de grands fauves et très peu de serpents venimeux.
Aujourd’hui encore, leurs prédateurs naturels sont plutôt rares. Tout juste pouvons-nous citer quelques chats sauvages, le fossa fossa et des oiseaux de proie.

Une chasse taboue

Pour de très nombreux malgaches, la chasse aux lémuriens est taboue. Les malgaches s’interdisent de chasser les lémuriens qu’ils considèrent comme la réincarnation des êtres disparus. Mais depuis une dizaine d’années, la pauvreté a poussé certaines personnes à briser ce tabou. Ainsi, la chasse, bien qu’illégale et réprimée, serait en expansion. Des lémuriens sont consommés comme viande de brousse, d’autres sont vendus comme animaux de compagnie et exportés loin de Madagascar où ils survivent très rarement longtemps.

Des croyances étonnantes

Ces croyances, si elles sont bienveillantes à l’égard de certains lémuriens, l’indri-indri par exemple, représentent une menace pour d’autres lémuriens, craints et détestés. Le pourtant bien inoffensif aye-aye, assimilé à un fantôme ou un spectre, est ainsi parfois victime d’un coup de fusil gratuit.

La déforestation réduit leurs territoires

Mais les lémuriens souffrent surtout de la disparition de leur habitat. En effet, les Hommes ont défriché la forêt pour créer des champs, des rizières et des prairies. Les dernières poches de forêts ne couvrent plus que 10 % à peine du territoire, en périphérie de l’île pour l’essentiel.
La pratique de la culture sur brûlis, appelée Tavy en malgache, n’a pas complètement cessé et entretient aujourd’hui encore la déforestation. L’exploitation des bois précieux, pourtant interdite, mais aussi du bois ordinaire, utilisé pour le chauffage des aliments, contribue également à la réduction continue de la couverture forestière de l’île.
Enfin, le changement climatique représente une lourde menace pour la survie des lémuriens. La nourriture se fait parfois rare. Madagascar, autrefois un paradis pour les lémuriens, offre déjà moins de fruits, comme les figues dont ils raffolent, moins de feuilles, moins de fleurs, moins de nectar et de pollen aussi.