Galapagos Islands, Ecuador

La tortue géante des Galapagos

Aldabra giant tortoise Geochelone gigantea SeychellesFaisons maintenant plus ample connaissance avec la plus impressionnante des tortues terrestres, la tortue géante des îles Galápagos ou Geochelone nigra.

Les Galápagos sont un archipel perdu dans l’océan Pacifique, à près de mille kilomètres de l’Equateur, un pays d’Amérique du Sud auquel ces 48 îles sont rattachées. Elles accueillent un Parc Naturel et une réserve marine, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Montagneuses et volcaniques, les îles Galápagos jouissent d’un climat tropical sec. Surtout, cet archipel isolé possède une flore et une faune uniques au monde et spécifiques à chacune des îles. Le célèbre naturaliste anglais Charles Darwin, dont tu as peut-être entendu parler, s’y est d’ailleurs rendu, au XIXe siècle, pour y étudier la faune avant de publier sa fameuse « Etude sur l’évolution et la sélection naturelle ».

Aldabra giant tortoise Geochelone gigantea walking on the beachOn rencontre ainsi aux Galápagos de nombreuses espèces endémiques, c’est-à-dire qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pas moins de 300 espèces de poissons côtoient des iguanes marins, des otaries et des baleines. La faune terrestre est également d’une exceptionnelle diversité et comprend des iguanes, des variétés uniques d’oiseaux et les plus grandes tortues terrestres.

Geochelone nigra mesure en moyenne 1,20 mètre et pèse entre 220 et 400 kg. Les mâles sont plus grands que les femelles. Les spécialistes estiment qu’elle vit entre 150 et 200 ans. Sa carapace, particulièrement bombée, lourde et robuste, est verte sur le dos et blanchâtre côté ventral. Ses pattes énormes, qui font penser à celles de l’éléphant, sont pourvues de grosses griffes. Elle possède également une longue queue. Il existe en fait treize sous-espèces de Geochelone nigra. Chacune se caractérise par un habitat bien spécifique.

 

Herbivore et frugivore, la tortue géante des Galápagos se nourrit essentiellement d’herbe fraîche mais aussi de fougères, de lichens, de goyaves… Elle est capable de se passer d’eau pendant assez longtemps et se contente des quelques gouttes contenues dans les plantes ou dans les graines de cactus dont elle Geochelone nigra Galapagos giant tortoise Drawing(1)raffole. Les tortues géantes se déplacent lentement, empruntant souvent les mêmes passages à travers la végétation, parfois en groupe, à la recherche d’herbe verte mais aussi des rares points d’eau de leur île. Elles adorent se prélasser au soleil ou patauger dans la boue. Et, quand l’occasion se présente, elles boivent abondamment.

 

Les tortues géantes vivent en symbiose, c’est-à-dire en association mutuellement bénéfique, avec un petit oiseau, le pinson. Celui-ci se gave de tiques, un insecte buveur de sang qui se niche dans leur peau, et les tortues n’hésitent pas étirer leur cou pour lui faciliter la tâche. On appelle ce comportement « la symbiose » car les deux espèces tirent profit de leur cohabitation.

Elles se reproduisent entre janvier et août. La femelle creuse un trou où elle dépose entre 2 et 16 œufs. Puis elle referme et camoufle son nid. Les bébés tortues ne naitront qu’entre 4 et 8 mois plus tard, leur sexe étant, ici encore, conditionné par la température extérieure. Imagine l’impact que pourrait avoir une modification de la température dans les régions où elles vivent !

S’il fait vraiment plus chaud : pratiquement que des femelles naîtront, s’il fait vraiment plus froid : pratiquement que des mâles naîtront ! Cela risque de poser de sérieux problème pour trouver un compagnon et se reproduire !

Les tortues géantes des Galápagos ont beaucoup souffert des activités humaines mais aussi de la destruction de la flore dont elles se nourrissent par des espèces étrangères introduites par l’Homme, comme les chèvres ou les rats. Il ne reste aujourd’hui pas plus de 15 000 individus intégralement protégés. Des expériences de réintroduction sur des îlots débarrassés de leurs encombrantes chèvres ont été menées avec succès.