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Kangourous désemparés

Du côté de l’Australie

Voyons maintenant plus précisément quel pourrait être l’impact du dérèglement climatique sur les espèces peuplant un territoire très particulier, l’Australie, l’île continent, isolée dans l’hémisphère sud. Les scientifiques craignent que des événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les inondations et les cyclones tropicaux s’y multiplient.

De l’eau !

La sécheresse entraînera la disparition de points d’eau. Des milliers d’hectares de prairies risquent de se transformer en désert et la nourriture disponible diminuera. L’habitat des kangourous antilopes, animal adapté à un climat tropical humide, pourrait ainsi se rétrécir dans des proportions dramatiques. L’intensification des feux de brousse rendrait encore plus problématique la recherche de nourriture.

Trop chaud !

Mais les capacités d’adaptation de la plupart des kangourous sont faibles. Une élévation de 0,5°C des températures aura des conséquences visibles chez le wallaby – lièvre rayé du fait de la fragilité de son habitat. L’habitat des différentes populations de kangourous étant réduit et fragmenté, il ne leur sera pas facile de migrer. Les kangourous arboricoles, habitués à vivre en haute montagne et à des températures basses, pourraient être contraints de déménager vers des altitudes encore plus élevées. Mais l’environnement qu’ils y trouveront ne sera guère accueillant. L’onychogale bridée, un petit groupe très menacé, ne pourra pas non plus migrer vers le sud, moins sec, en raison de la présence massive de renards, un redoutable prédateur.

Des espèces invasives…

Car les bouleversements climatiques offrent des conditions d’expansion favorables à certaines espèces venues d’ailleurs et introduites par l’Homme. Les nouvelles conditions de vie (températures, nourriture facile d’accès près des habitations humaines…) ont facilité l’installation massive de lapins et de rats. Ces espèces « invasives* » (* introduite par l’homme plus ou moins volontairement) se sont reproduites en grand nombre sur le continent. Elles sont à l’origine de la destruction des nids d’albatros, un grand oiseau marin dont la population est déjà faible.

Les renards et les chats opèrent, quant à eux, un véritable carnage sur les marsupiaux* et les mammifères australiens de petite taille comme la souris possum de montagne, une proie facile (* mammifère élevant leur petits dans une poche ventrale).

Un monde de femelles…

Le réchauffement est également à l’origine d’un curieux phénomène. Sur certaines plages du Nord de l’Australie, les tortues marines femelles naissent plus nombreuses que les mâles.

En effet, la température du nid, enfoui dans le sable, détermine en grande partie le sexe de la tortue qui sortira de l’œuf. Plus il fera chaud et plus de bébés femelles naîtront.