Sur Club Panda.fr, découvre le petit conte écologique de Roxane en lien avec le thème du mois...
- Maman, je ne me sens pas très bien.
- Comme c’est étrange, alors que nous devons aller voir tante Adèle demain.
- Justement, il vaut mieux que je reste ici, je ne voudrais pas lui donner mon rhume.
- Oh… comme c’est gentil mon poussin, elle sera vraiment touchée par un si bel élan de générosité !
Mathurin se sentait effectivement un peu fatigué et sa gorge le grattait, mais il avait surtout envie de terminer le livre de pirates qu’il avait commencé la veille. Alors entre une vieille tante qui avait du poil au menton et un corsaire des mers à la recherche d’un trésor fabuleux, il avait choisi.
- Je t’assure maman, j’ai très mal à la gorge, je suis sûr que je couve quelque chose de très grave.
- Du genre ?
- Genre grippe très contagieuse !
- Allons, ne t’inquiètes pas et viens avec moi chercher de quoi te soigner dans le potager.
La maman de Mathurin connaissait très bien les plantes et herbes médicinales. Elle en cultivait un grand nombre dans son jardin et les utilisait pour soigner les petits et gros bobos de sa famille. Au début d’ailleurs, cela lui valu quelques problèmes avec ses voisins, surtout à partir du moment où Mathurin, pour se rendre intéressant auprès des copains, avait dit que sa maman était un genre de sorcière. Heureusement, ils savaient maintenant que ces remèdes étaient entièrement naturels et reposaient uniquement sur ses excellentes connaissances de botanique.
- Alors, un peu de thym pour combattre le rhume et de la reine des prés contre la migraine, tu les prendras en infusion. Pour la gorge, je vais aller chercher de la propolis et du pollen dans la ruche.
- Tu es sûre que c’est nécessaire ? A mon avis, il suffit que je reste au chaud ce WE.
- Mais si voyons, la propolis va lutter contre l’infection et le pollen va te rendre plus fort pour combattre les microbes. D’ailleurs je vais préparer aussi une bonne quiche aux orties pour reconstituer tes réserves de fer.
- Ah, ça, je veux bien ! J’adore la quiche fromage de chèvre et orties. Dis maman, je viens d’avoir une idée. Et si je préparais un cadeau pour tante Adèle ? Je pourrais lui fabriquer un parfum.
- Excellente idée ! Ca lui fera très plaisir.
Un petit sourire diabolique se dessina sur les lèvres de Mathurin.
- Je vais chercher un peu d’arum et de serpentaire.
- Quoi ?
- Je vais chercher de l’arum et du serpentaire pour fabriquer mon parfum.
- Dis donc, sacripan, tu sais très bien que ces deux plantes sentent extrêmement mauvais ! Si tu lui fabriques un parfum avec cela, elle sentira le putois !
Le petit garçon éclata de rire.
- Zut, tu as deviné !
- Pas de farce cette année, petit diable. Tu lui as déjà mis du poil à gratter dans le dos l’année dernière, et de la bardane sur les vêtements l’année d’avant. Ca l’a chatouillé toute la journée !
Mathurin ne souvenait très bien : quelle drôle de tête elle avait fait !
- Va plutôt chercher des jonquilles, cela fera une eau de toilette délicieuse.
Le lendemain matin, il se sentait vraiment en pleine forme, et bien qu’il ait laissé son livre de pirates à la maison, il semblait ravi de se rendre chez tante Adèle.
- On est d’accord Mathurin, pas de farce cette année.
- Je n’ai pas emmené de poil à gratter !
- Ni de bardane ?
- Ni de bardane !
- Le parfum est bien aux jonquilles ?
- Oui, il est aux jonquilles !
Tout semblait dans l’ordre, maman se détendit.
Après deux longues heures de trajet, ils arrivèrent enfin.
- Mes chers petits, comme je suis contente de vous voir.
- Nous aussi ma tante, dit maman, on vous a apporté un gratin de berce sauvage pour le déjeuner et un peu de confiture de sureau.
- Comme c’est gentil !
- Et mathurin a un petit cadeau pour vous, il l’a fait lui-même.
- Tenez tantine, voici un petit flacon de parfum aux jonquilles.
- Oh, merci mon chéri, c’est adorable.
- Et … voici aussi une préparation à base d’alchémille.
- Heu… merci mon petit gars. Cela sert à quoi ?
- Et bien, voyez-vous, ce remède a très bien marché sur Médor, le chien du voisin.
- Le chien ?
Maman ne comprenait pas où son fils voulait en venir mais elle se doutait que cela ne présageait rien de bon. Malheureusement, elle n’eut pas le temps d’intervenir.
- Oui, depuis qu’il l’a utilisé, Médor peut faire des câlins à tout le monde, il ne pique plus du tout !